Qu’est-ce que le Taï Chi Chuan ?

Le Taï Chi Chuan est un art martial chinois qui privilégie le travail de la souplesse sur la rigidité.

Nous le considérons de façon plus globale comme un art du mouvement dont les principes et la cohérence sont issus de la philosophie taoïste, de la médecine chinoise et des techniques martiales anciennes.

Cet art du mouvement nous fait goûter à des sensations qui vont au-delà du domaine de la dynamique et du geste. C’est ainsi qu’il nous permet de découvrir et d’apprivoiser le lien entre le physique et le mental.

 

Calme comme une montagne
Mouvant comme une rivière

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Wang Wei Guo en action !

 

Quelques mots sur le Tai chi chuan transmis par Wang Wei Guo

Le taï-chi-chuan ou tai chi ou taiji quan est un Art martial chinois. Il peut être lent, rapide, interne, externe, il est universel. Cette « Boxe de la vie » n’est pas qu’un mouvement respiratoire, c’est un art de la vie, une façon d’être.

Une bonne illustration du Taiji est son symbole : le Yin-Yang. La recherche de l’équilibre entre 2 forces opposées.

Le Chi / Qi : énergie, souffle..

Notre maître dit: « Chi c’est l’espace, quand on perd l’espace on perd le Chi ». Dans la pratique du Taichi, nous parlerons très peu d’énergie interne, mais plutôt d’espace.

Il n’est pas question de jouer à « Energie es-tu là ? » mais plutôt de développer une écoute à l’intérieur et à l’extérieur du corps.

Le Tai Chi, un « art seulement interne » ?

Comment un art pourrait-il être seulement interne (et lent), il en manquerait une partie. Nous pratiquerons l’externe autant que l’interne, le lent autant que le rapide.

Dans notre société moderne où tout bouge de plus en plus vite, où nous comptions en lunes et maintenant en millisecondes, une pratique seulement interne et lente n’aurait pas sa place. Il suffit d’être patient et de vieillir pour pouvoir marcher lentement (pas besoin de faire du Taiji pour cela).

Le Taichi est la quête du Tao nous essaierons donc de percevoir cette Unité (unir le corps et l’esprit).

Le Yi : intention

On dit « Là où le Yi va, l’énergie va. Là où l’énergie va, le corps va ».

Tai chi: Histoire et légende

Au mont Wudang est étroitement associé la personnalité du taoïste Zhang Sanfeng, qui aurait vécu sous les Song du Sud (1127-1279) ou plus tard.

C’est cet éminent personnage, que l’on présente généralement comme le créateur du Taiji quan. En effet, si l’on interroge les maîtres sur l’origine de cet art, ils content pour la plupart l’histoire suivante : un jour que l’ermite Zhang Sanfeng était à la fenêtre de sa hutte sur le mont Wudang, son attention fut attirée par le cri étrange d’un oiseau. Se penchant, il vit une pie effrayée descendre d’un arbre au pied duquel se trouvait un serpent. Un duel s’ensuivit.

L’histoire dit que ce combat inspira les principes de la boxe du Taiji à Zhang Sanfeng. On dit que le serpent, avec ses mouvements souples et spiralés, vint à bout de la force de l’oiseau dure et linéaire (mais on ne sait pas si l’un des deux l’emporte).

Chacune des histoires contées dans les arts martiaux peut être interprétées d’une manière historique ou d’une manière symbolique. On pourrait donc très bien imaginer que les deux animaux luttent encore aujourd’hui. Ils ne seraient que la représentation de la cohabitation pacifique des contraires.

Sur la lignée Yang Shao Hou, d’où nous venons 

Le terme de Taiji quan n’est attesté par écrit qu’à la fin du XIXème siècle. Il se trouve utilisé dans un ouvrage écrit par un membre de la famille Chen, qui serait le berceau de cette technique. L’auteur de cet ouvrage (Chen Pinsan) nous dit que c’est l’ancêtre de sa famille, Chen Wanting, qui créa le Taiji quan.

Il serait l’auteur du poème suivant: « Hélas, je pouvais jadis porter les armes et de lourds fardeaux, pour éliminer les rébellions. J’ai connu le danger et malgré les échecs, l’empereur ne m’a pas puni, il m’accordait soudain sa grâce. A présent je suis vieux et essoufflé. Seul me reste le Livre de la Cour jaune, compagnon de mes vieux jours. Dans les moments de tristesse, je perfectionne la boxe. A la saison des travaux, je vais aux champs. Pendant mes moments de loisirs, j’enseigne à quelques disciples l’art de devenir des tigres et des dragons et d’agir à leur guise ».

Si la famille Chen fut le berceau du Taiji quan, la famille Yang fut la source principale de sa propagation, grâce à Yang Luchan, disciple de Chen Changxing.

Yang Luchan (1789-1872) prénommé Fukui, naquit dans le district Yongnian de la province du Hebei. Il apprit la « longue boxe en trente-deux postures de Song Taizu » avec un maître du nom de Liu. Sur les conseils de son maître, Yang Luchan alla étudier le Taiji quan dans la famille de Chen Changxing à Chenjiagou. Comme Chen les trois fils de Yang Luchan développèrent chacun leur propre mode d’enseignement du Taiji quan. Yang Banhou fit sa spécialité du « petit enchaînement » et Yang Shao Hou était son neveu et disciple.